Sélection officielle 2022
Yukinori Kurokawa

NIWA NO SUNABA
GARDEN SANDBOX

Japon / 2022 / Couleur / 70’
Première Mondiale

Sur un malentendu, Sakaguchi est embauchée pour réaliser une vidéo touristique de la ville de Tobako (double fictif de Kawaguchi) en banlieue de Tokyo. Cet argument scénaristique est l’amorce d’une déambulation fantaisiste faite de rencontres inopinées. Kitagawa d’abord, auquel Sakaguchi doit le job. Puis une couturière, elle-même laissant la place à Yoshino avec qui s’esquisse une romance en demi-teinte. Le récit progresse ainsi, par embardées, épousant l’imprévu des apparitions, offrant à la flânerie de son personnage l’occasion de déports de place en place. La ville désertée et arrêtée – le tournage s’est déroulé durant le confinement –, devient la métaphore du désœuvrement des personnages. Garden Sandbox est léger et agile ; son personnage principal, au contraire, claudique. Sa démarche et son corps roide offrent une singulière composition, un brin comique, avec le décor. Se prêtant mollement au jeu, la jeune femme glane auprès de chaque personne des éléments sur la ville et en dessine le portrait par touches successives : une ville industrielle dont les fonderies se sont tues au fil du temps. Le hasard des détours du récit pousse Sakaguchi dans l’intérieur d’une riche famille pour un cours de couture. Scène centrale, elle est invitée par la maîtresse de maison à enfiler une robe de mariée collet monté. Par un geste aussi puissant que radical qui porte le film tout entier, voilà la robe transformée d’un coup de ciseau résolu en haute couture dernier cri. Qu’est-ce qui unit cette escapade buissonnière dont le canevas et les motifs semblent repris du cinéma de Jacques Rozier, un patrimoine industriel en désuétude et la transformation d’une robe de mariée traditionnelle ? Avec Garden Sandbox, dont le titre fait référence au sable utilisé dans les fonderies, Yukinori Kurokawa investit avec allégresse et sans esprit de sérieux la mutation et le r(é)emploi comme source de tous les possibles.
(Claire Lasolle)Yukinori Kurokawa

Fiche technique

Version originale : japonais
Sous-titres : anglais
Scénario : Yukinori Kurokawa, Ikuhiro Yamagata,
Emi Kobayashi
Image : Yasutaka Watanabe
Montage : Kunihiko Ukai
Son : Gen Takahashi
Avec : Marino Kawashima, Kazuki Niiya, Yukino Murakami

Production & distribution : Yumiko Kurokawa (KINOKOYA)

Filmographie :
Village on the village, 2016
Aru shikai no ijyouna ai, 2010
Yoru no thaigokyoushitsu, 2009
Hoteru shimai, 2008
Inran seiho no onna, 1997.

Réalisateur

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