• Compétition Internationale

SOBRE LAS NUBES

ABOUT THE CLOUDS

María Aparicio

Portrait d’une ville et fresque contemporaine d’une classe moyenne regardée dans son rapport au travail, Sobre las nubes dépeint le quotidien de quatre personnes, dans un geste à la fois ample et sobre, généreux et précis. La mise en scène, dépouillée de tout effet, est tout entière dévouée à l’attention portée aux personnages. Ramiro, Nora, Hernán et Lucía ne se connaissent pas. Ils n’ont en commun que d’occuper un emploi, ou d’en chercher un, et d’habiter la même ville. Ils ne se rencontreront jamais, mais tous croiseront le chemin de cette jeune femme aux traits aquilins, présence musicale qui vient discrètement harmoniser le film en le ponctuant de ses tendres mélopées. Dans l’observation et le retrait, María Aparicio laisse ces présences solitaires évoluer en parallèle. Sans jamais hausser la voix, c’est dans la retenue et la mesure que le film se déploie, faisant le pari de l’humilité. Quand, au beau milieu de la nuit, une policière demande à un chanteur travesti en femme d’aller chanter ailleurs, alors qu’il mimait en playback l’interprétation de Tacea la notte placida (Silencieuse, la nuit placide) par Maria Callas, c’est toute la tristesse d’un monde réduit au silence qui se voit ramassée en une séquence d’une rare beauté. Dans cette peinture mélancolique en noir et blanc, la poétique de l’image élève le quotidien à l’insolite, la morosité à la douce fantaisie, dans de discrètes épiphanies, comme ces tours de magie effectués avec espièglerie ou ce malin plaisir pris à la récitation d’un texte de théâtre. « J’étais triste, mais je vais mieux », dit l’un des personnages à la fin du film. De même que les nuages surplombant la ville vont et viennent, pris dans l’infini mouvement du temps, la tristesse des personnages finit par s’apaiser, et semble disparaître « dans ce lieu que personne n’a jamais visité, et que nous appelons le passé », selon les mots de Juan José Saer (Las Nubes). (Louise Martin Papasian)María Aparicio

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Fiche technique

Argentine / 2022 / Noir & blanc / 146’

Version originale : espagnol
Sous-titres : anglais
Scénario : María Aparicio, Nicolás Abello, Emanuel Diaz
Image : Santiago Sgarlatta
Montage : Martín Sappia
Son : Juan Manuel Yeri
Avec : Malena Leon, Eva Bianco, Pablo Limarzi, Leandro García Ponzo

Production : Pablo Ratto (Trivial Media).

Filmographie :
Hombre bajo la lluvia, 2018
Las Calles, 2016.