A Requiem in Bishkek, A Requiem in Bishkek

Di Sica Ray

Inde, France, 2026, Couleur, 77’

Première Mondiale

Portrait d’une ville et méditation sur l’exil, A Requiem in Bishkek dépeint le quotidien d’un être déraciné et isolé dans la capitale du Kirghizistan. Vivant dans un hangar aménagé en forêt, celui-ci trouve dans la pratique du cinéma sans caméra une manière de faire face à son existence précaire. Dans une merveilleuse et étonnante première scène, après s’être adonné à une méticuleuse entreprise de dessin, de grattage et de collage sur pellicule, il s’assoit à côté de son projecteur pour regarder humblement le résultat de son travail : les pires horreurs de l’histoire enchantées par la magie d’un coup de crayon au son d’un piano fougueux. Anorak jaune et chapka vissée sur la tête, le cinéaste campe lui-même le personnage principal de son film, figure tendre et burlesque, dont le mutisme à l’écran tranche avec son témoignage à la gravité mélancolique, déposé en off sur les images. Des mots en forme d’élégie qui traduisent la douloureuse condition de réfugié dans un environnement hostile et humiliant. En arrière-plan de la fiction, le cinéaste dresse un tableau documentaire saisissant de Bichkek et d’un pays bâti sur les ruines du passé soviétique, secoué par l’instabilité politique. Dans un monde submergé par les guerres et la haine de l’autre, la fabrique artistique - celle dans le film, celle du film - apparait comme un geste de survie, une façon de transformer l’expérience de l’exil en acte poétique. De même que son protagoniste, qui recycle et bricole avec une inventivité presque enfantine, Ray di Sica s’essaye à tout, usant autant des possibilités récentes du numérique que des ruses du cinéma des premiers temps pour composer une ode pleine de grâce et d’émotion à la puissance des images et de l’onirisme. Au musée, « seul endroit au monde qui accueille véritablement [son] âme », le personnage trouve son salut, transporté dans le paysage d’un tableau d’Isaac Levitan : l’art est son ultime refuge. 

Louise Martin Papasian

Fiche technique

  • Film  :
    Fiction
  • Scénario :
    Di Sica Ray
  • Image  :
    Roderick Jaynes
  • Montage  :
    Roderick Jaynes
  • Musique  :
    Peter Theremin
  • Son  :
    Rana Eid
  • Avec  :
    Dinesh R
  • Production  :
    Production Thanikachalam SA (Barycenter Films)
    Mark Cousins (Executive Producer)
  • Contact :
    Thanikachalam SA (Barycenter Films) barycenterfilmcollective@gmail.com