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HIKARI NO UTA

LISTEN TO LIGHT

Kyoshi Sugita

Kyoshi Sugita
Quatre femmes japonaises : la première lit les cartes pour un collègue qui aimerait renouer avec un amour d’adolescence ; la deuxième, à peine adulte, se fait courtiser par des hommes plus âgés mais n’ose pas avouer ses sentiments au jeune homme qui travaille avec elle ; la troisième part sur les traces de son père et rencontre un homme qui lui sert de guide ; la quatrième voit revenir un amant longtemps disparu. Comme dans Haruhara- san’s Recorder (Grand Prix de la Compétition Internationale FID 2021), l’émotion émerge des rythmes du quotidien et affleure du non-dit. Dans ce précédent chef d’œuvre de Kyoshi Sugita, rimes fugaces, situations, prénoms ou décors en écho tissent un réseau affectif d’occasions manquées et de sentiments incompris ou enfin dévoilés. (Nathan Letoré)

Entretien avec Kyoshi Sugita

Listen to light est construit sur quatre histoires différentes. Comment ces histoires, et le film dans son ensemble, sont-ils nés ?

Les quatre histoires se basent sur quatre tanka. Le tanka est une vieille forme japonaise de poème court. Ces tanka ont été sélectionnés parmi 1200 candidats, écrits pour un concours sur le thème de la lumière. La lumière, évidemment, est avec le son un des éléments du cinéma lui-même. En me basant sur ce thème, j’ai voulu capter les figures de quatre femmes vivant leur vie.

Chacune de ces quatre histoires suit une femme dans ses interactions avec un homme. Quel rôle les acteurs et les actrices ont-ils joué dans l’élaboration des personnages ?

Quand je commence à préparer un film, je commence avec les personnes qui vont y jouer. Comme je n’écris le scénario qu’après avoir fait cela, je l’écris avec ces personnes en tête. C’est la même chose avec les décors. Comme le film naît de mes réflexions sur ce qu’il sera avec telles personnes dans tels endroits, la fascination qu’ils avaient exercée sur moi est au cœur du film.

Bien que les quatre récits soient distincts, les personnages de l’un apparaissent parfois dans un autre. Pourquoi cette structure en réseau, plutôt que des récits complètement séparés ?

Pendant que je faisais le film, j’ai parfois senti que j’utilisais le pouvoir du cinéma pour discrètement suivre et filmer des personnes que j’avais rencontrées par accident dans la rue. Je considère que n’importe qui pourrait être le personnage principal de ce film. Je me sentais comme si j’avais posé ma caméra aux côtés de personnages qui vivaient dans le même monde et qui se croisaient, donc c’était très naturel pour moi de faire apparaître le personnage d’une section dans une autre section.

Chaque section se base non seulement sur un personnage féminin, mais aussi sur une forme d’art particulière : la peinture, la musique, la photographie, la littérature. Pourquoi avoir voulu donner une place si importante à l’art dans votre film ?

Je considère que toutes les formes d’arts, quelles qu’elles soient, font face aux mêmes questions : qu’est-ce qu’est notre univers, qu’est-ce qu’est notre vie. Je pense qu’elles diffèrent juste par leur façon de les aborder. C’est donc très naturel pour moi, dans un film qui pose ces questions, que d’autres formes d’art puissent apparaître.

Propos recueillis par Nathan Letoré

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Fiche technique

Japon / 2017 / Couleur / 153’

Version originale : japonais
Sous-titres : anglais
Scénario : Kyoshi Sugita
Image : Yukiko Iioka
Montage : Keiko Okawa
Musique : Skank
Son : Youngchang Hwang
Avec : Misaki Kitamura, Kana Ito, Tomo Kasajima, Akie Namiki
Production : Jun Higeno (IHA Films)
Filmographie : Haruhara-san’s recorder, 2021
A Song I Remember, 2011