Sélection officielle 2018
Antonia Rossi

Una vez la noche
(Once in the night)

Chili / 2017 / Couleur et Noir & blanc / HD, Stéréo / 73’
Première Mondiale

Pour protagonistes : Veronica, Julio, Carolina et Cristobal. Précisons : protagonistes en deux dimensions, puisque tous dénués d’illusion d’épaisseur et brossés (magnifiquement) de traits et d’aplats colorés, avec pour seule troisième dimension leur voix off. Una Vez La Noche est un film d’animation, on l’aura saisi, mais qui se singularise au moins par deux fois. Les images, d’abord, y sont fixes. À défaut d’être habité par la puissance accordée aux toons, ces créatures infiniment souples, légères et soustraites à la fatalité du trépas, chaque dessin s’obstine ici immobile dans son tracé, et ne cède la place au suivant qu’avec grande lenteur, presqu’à regret, comme si chaque planambitionnait de se graver dans nos rétines pour occuper à chaque fois, comme une scène fantasmatique ou un mauvais rêve, la totalité du film. Ensuite, plus décisif encore, le style de ces planches, et à rebours de leur insistance à l’écran, ne cesse de varier. Y compris, fait de haute importance, à l’intérieur de chaque histoire, refusant l’adéquation d’un personnage à un type de crayonné, de coloris, dédaignant une cohérence dictée par la signature d’une destinée.
La chilienne Antonia Rossi, dont on garde en mémoire le très beau El Eco de las Canciones (FID 2010), fait déjà pour part avec des images d’animation et déjà consacré au ressassement de la mémoire, ne craint pas, et on lui en sait vivement gré, de faire avancer les récits et leurs – maigres – péripéties dans une atmosphère plutôt chaotique. Comme si c’était moins la variété des aventures que le fouillis labyrinthique de leurs détails auquel la cinéaste souhaitait rendre hommage. Car chacun de ses personnages s’affiche, au milieu du lacis des tracés des dessins, prisonnier de ses rêves, de ses attentes,^de ses espérances. (JPR)

Fiche technique

Version originale : espagnol.
Sous-titres : anglais.
Scénario : Antonia Rossi, Roberto Contador.
Image : Pedro Micelli.
Montage : Antonia Rossi, Roberto Contador.
Son : Alejandro Salinas, Roberto Muñoz.
Avec : Rodrigo Pérez Müffeler, Cristian Carvajal, Carolina Jullian.
Production : Malaparte (Antonia Rossi, Clara Taricco).
Distribution : Malaparte (Clara Taricco).
Filmographie : La Pampa, 2004. Ensayo, 2005. The eco of songs,
2010.

Réalisateur

Antonia Rossi

Sélection officielle