Positions arabes face à l’occupation et à la guerre
Les habitants de Maaloul, en Galilée, ne sont autorisés à visiter les ruines de leurs maisons qu’à l’occasion du Jour de l’Indépendance de l’État d’Israël. Les anciens résidents de Qouneitra n’ont qu’un accès limité à leur ville natale sur le plateau du Golan, détruite par l’armée israélienne avant sa restitution à la Syrie ; le régime syrien en a depuis fait un site mémoriel. À Haïfa, des maisons palestiniennes dont les portes et les fenêtres furent murées en 1948 demeurent encore aujourd’hui condamnées, prises dans l’ombre des façades de verre et des tours contemporaines. Comment les guerres permanentes, depuis la proclamation de l’État d’Israël en 1948, se sont-elles inscrites dans les biographies arabes et dans les formes mêmes de la vie sociale ? Comment vivre, penser, résister dans la durée ? Et sous quelles formes la solidarité s’est-elle manifestée ?
Sur fond de guerre israélienne actuelle contre Gaza – que plusieurs instances internationales considèrent comme relevant juridiquement du génocide –, de domination continue sur la Cisjordanie palestinienne, de réoccupation et de destruction du Sud-Liban, ainsi que de nouvelles incursions militaires en Syrie, ce programme explore les expériences arabes du conflit israélo-arabe à travers des films réalisés au cours des cinquante dernières années. Alors que la Cisjordanie et Gaza ont récemment occupé une place plus visible dans le champ cinématographique, le programme privilégie ici des œuvres venues du Liban, de Syrie et de la Palestine de l’intérieur. Trois séances associent un moyen métrage centré sur une trajectoire biographique à un court métrage où le paysage devient le véritable foyer du regard. Une quatrième séance est consacrée aux questions soulevées par les pratiques de solidarité cinématographique internationale avec l’OLP.
Programme conçu par Irit Neidhardt.
SÉANCE 1
Le 8 juillet à 16h, à l’Artplexe Canebière
WAHUNAK ‘ASHYA’ KATHIRAT KAN YUMKIN ‘AN YATAHADATH EANHA ALMAR’
THERE ARE SO MANY THINGS STILL TO SAY
Omar Amiralay
Syrie, France, 1997, 49’
Sur son lit de mort, le dramaturge syrien Saadallah Wannous revient sur la manière dont le conflit israélo-arabe a façonné sa vie et celle de toute une génération arabe.
MAALOUL TAHTAFIL BIDAMARIHA
MAALOUL CELEBRATES ITS DESTRUCTION
Michel Khleifi
Palestine, Belgique, 1984, 32’
Chaque année, à l’occasion du Jour de l’Indépendance de l’État d’Israël, les habitants palestiniens déplacés de Maaloul sont autorisés à revenir sur les ruines de leur village. Ils y pique-niquent.
SÉANCE 2
Le 9 juillet à 17h, à l’Artplexe Canebière
SUHA, ALNAJAH MIN ALJAHIM
SUHA, SURVIVING HELL
Randa Chahal
Liban, France, 2001, 57’
Après la libération du Sud-Liban, Suha Beshara retourne dans sa ville natale ainsi qu’à la prison de Khiam, où elle fut détenue pendant dix ans pour son engagement dans la résistance armée.
QUNEITRA 74
Mohamad Malas
Syrie, 1974, 20’
Rassemblement des habitants de Qouneitra après le retrait de l’armée israélienne, qui laisse derrière elle une ville rendue inhabitable. Une femme se met à courir parmi les ruines.
SÉANCE 3
Le 10 juillet à 18h30, à l’Artplexe Canebière
INDAMA YAATI ALMASA’
NIGHTFALL
Mohamed Soueid
Liban, 2000, 68’
Des années après la guerre, Soueid retrouve d’anciens camarades de l’Escadron étudiant libanais de l’OLP. Ensemble, ils boivent pour se souvenir, oublier, et supporter la solitude.
SAYAATI YOUWM AKHAR
ANOTHER DAY SHALL COME
Aida Ka’adan
Palestine, Qatar, Liban, France, 2026, 20’
Voix anonymes de Palestiniens vivant en Israël durant la guerre génocidaire menée contre Gaza. Images de paysages blessés, progressivement engloutis par les villes israéliennes.
SÉANCE 4
Le 11 juillet à 19h, aux Variétés
PALESTINE RED CRESCENT SOCIETY
Monica Maurer, Samir Nimer
République fédérale d’Allemagne, OLP, 1979, 43’
Portrait de l’organisation médicale palestinienne, de son travail de soin et de son accompagnement psychosocial. La projection sera suivie d’une conversation autour des pratiques de solidarité cinématographique avec la Palestine.
