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Entretien avec Arnaud Dommerc à propos de NOUS N’IRONS PAS À BUTI

paru dans le quotidien du FIDMarseille du 7 juillet 2008

   
Quelle est l’origine de Nous n’irons pas à Buti, second film après Solo tu en 1997 ?
Le désir de refaire un film, après bien des années à me convaincre que j’en étais peut-être capable.

Nous n’irons pas à Buti évoque une histoire intime de solitude amoureuse sous la forme d’un carnet de voyage documentaire. Comment aviez-vous envisagé ce projet ?
Nous n’irons pas à Buti fait suite à l’invitation qui m’avait été faite par Jean-Marie et Arnaud Larrieu de venir partager avec eux, en proche et ami, en intime donc, leur sélection en compétition officielle au 58e Festival de Cannes, et cette première fois - dont il me demandait quelque part aussi d’être le témoin - qu’allait être la projection dans le Grand Théâtre Lumière de leur film Peindre ou faire l’amour. J’étais personnellement plongé dans des interrogations sur mon rapport au cinéma - ce qui fait fiction, sa puissance émotionnelle et documentaire -, et comme je devais aller en Italie assister aux représentations du Genou d’Artémide mis en scène par Jean-Marie Straub, je me suis dit que de ce périple, tant physique qu’intellectuel, il y avait peut-être un film qui, par ailleurs ou principalement même, pourrait masquer, distraire, mon malaise amoureux du moment. Et bien sûr il n’en fut rien…

Le film donne l’impression d’une structure assez libre et, en même temps, le choix des plans et leur durée semblent obéir à une évidente nécessité.
Comme Solo tu, Nous n’irons pas à Buti a vraiment pris forme au montage. L’idée du tournage est assez identique au film précédent, c’est-à-dire sans découpage précis, laissant une grande place à l’improvisation. Après il y a des blocs qui résistent et que je mets côte à côte,en espérant qu’ils racontent quelque chose.

Le travail sur le cadre et le hors champ est très important.
Le film s’est construit par l’absence.

L’économie esthétique de Nous n’irons pas à Buti produit une grande émotion. Un simple travelling sur une affiche rend un bel hommage à Danièle Huillet, par exemple.
...

L’enregistrement d’un répondeur téléphonique prend en charge la narration du film. Comment avez-vous pensé le son dans Nous n’irons pas à Buti ?
Effectivement comme un élément narratif d’abord, et puis surtout comme une présence érotique, que ce soit le message sur le répondeur téléphonique aussi bien que la rumeur de la nature, le vent dans les feuilles, le murmure de l’eau qui coule.

Le film est, de ce point de vue, un essai sur les puissances du cinéma.

C’est la question de départ du film. C’est toujours une question pour moi aujourd’hui.

Quels rapports entretenez-vous avec l’oeuvre de Jean-Marie Straub et Danièle Huillet ?
Un rapport d’affection.

Vous êtes également producteur. Quelle est la politique de production d’Andolfi et comment Nous n’irons pas à Buti s’y inscrit-il ?
Avec Andolfi, l’idée est de pouvoir faire des films les plus libres possible, dans des cohérences économiques affranchies si possible des schémas traditionnels de narration et de forme. En ce sens, Nous n’irons pas à Buti est une proposition, tout comme le prochain moyen métrage de Dyana Gaye, comédie musicale et road-movie au Sénégal, en sera une autre.


Propos recueillis par Olivier Pierre

 

 

 

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