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Class Camouflage

Alan Martín Segal

Argentine

Genre : Fiction
Durée : 80’

État d’avancement : Écriture
Budget : 325 000 €
Budget acquis : 50 000 €
Pays de tournage : Argentine

Buenos Aires, 1968. La frontière entre le quotidien et l’art est floue. Tout en participant à l’augmentation de la violence politique et institutionnelle, les artistes tentent de concrétiser leurs idées. La dictature compte rester au pouvoir pendant un siècle avec l’objectif qu’ils se sont fixés de «soigner moralement» l’esprit de l’Argentine.

Parmi les artistes brisés, les pop stars émergentes, les poètes aux voix métalliques, et les collectionneurs douteux, Prat, jeune parvenu moralement ambigu, est un des nouveaux visages de la scène artistique. Est-il prestataire, artiste ou un simple paria de plus ? Il fait la rencontre d’artistes qu’il admire : Omar et María, une anarchiste mystique qui cache être la descendante d’un oligarque.

Le trio erre parmi les boîtes de nuit, les défilés de mode improvisés, les séances de thérapie de groupe psycho-magique et les dîners chez des éminences politiques aigries. Avec en toile de fond, un effondrement qui semble imminent.

Class Camouflage est un portrait sensible de Buenos Aires et les traces de ses blessures passées qui perdurent encore aujourd’hui.

Note d'intention

La période dans laquelle nous vivons est complexe. Par conséquent, je propose un film d’époque : la contradiction est volontaire. Mettre en perspective le présent et le passé est nécessaire. C’est comme explorer une blessure qui nous est extérieure, afin de comprendre nos traumatismes, comme si l’autopsie d’un tiers pouvait nous offrir un début d’échappatoire. La décennie des années 60 peut être interprétée comme une parabole de la façon dont les élans de changement ont été peu à peu réduits au silence, entraînant un tournant néolibéral (à la fois au niveau économique et culturel).

Prat, le protagoniste principal, incarne une sorte de Tom Ripley. Bien que je sois parfaitement conscient de la corruption de Ripley, j’ai toujours eu de la compassion pour lui, ce qui s’explique uniquement par la façon dont le comportement de Ripley fait parfaitement écho à certains des schémas identitaires postcoloniaux dans les centres urbains d’Amérique. Blessé mortellement par l’eurocentrisme, une de ses caractéristiques consiste à cacher sa classe et ses origines culturelles. Incapable de révéler qui il est face à ce rapport de force, il devient une contrefaçon de l’autre, qu’il place au-dessus de lui. Ce miroir donne une idée fausse d’un passé national nébuleux, une vénération de l’héritier pour l’oppresseur qui se traduit par un mimétisme vis-à-vis de leur culture.

À travers Prat, je m’intéresse à l’identité postcoloniale, en m’emparant de ce trauma originel de l’imposition culturelle.

Cinéaste

Alan Martín Segal

Filmographie

Via Negativa / 2022 / 63′
Incomplete Disappearance / 2020 / 15′
Deviant Chain / 2019 / 45′
Key, washer, coin / 2018 / 16′
An interrupted investigation of R / 2017 / 14’

Production

Production : Filmy Wiktora (Argentine)
Producteurs : Gastón Solnicki, Alan Martín Segal

Filmographie sélective

A Little Love Package / Gastón Solnicki / 2022 / 81’

Via Negativa / Alan Martín Segal / 2022 / 63’

Incomplete Disappearance / Alan Martín Segal / 2020, 15’

Introduzione all’Oscuro / Gastón Solnicki / 2018 / 71’

Key, washer, coin / Alan Martín Segal / 2018 / 15’

Kékszakállú / Gastón Solnicki / 2016 / 72’

Papirosen / Gastón Solnicki / 2011 / 74’

Süden / Gastón Solnicki / 2008 / 66’

Production : Maravilla Cine (Argentine)
Producteurs : Paula Zyngierman, Leandro Listorti

Wanderer / Adriana Lestido / 2022 / 78’

Herbaria / Leandro Listorti / 2022 / 83’

Loving Martha / Daniela López / 2022 / 75’

That Weekend / Mara Pescio / 2021 / 67’

Borom Taxi / Andrés Guerberoff / 2021 / 62’

Husek / Daniela Seggiaro / 2021 / 89’

Map of Latin American Dreams / Martín Weber / 2020 / 91’

The Faculties / Eloísa Solás / 2019 / 78’

The Endless Film / Leandro Listorti / 2018 / 83’

Marilyn / Martín Rodríguez Redondo / 2018 / 80’