• Compétition Internationale

ČIULBANTI SIELA

TWITTERING SOUL

Deimantas Narkevičius

Interroger l’ordre du temps et de l’Histoire, les évidences des images et des récits, Deimantas Narkevicius y oeuvre depuis les années 1990. Cette fiction en costume nous transporte en Lituanie, à la fin du 19e siècle, un après-midi d’été à la campagne. Tout un petit monde s’affaire dans les bois, les prés, à la bergerie : une vielle gouvernante, des jeunes femmes, un musicien à la vue défaillante, une morte… Et aussi des fées, des elfes, des revenants. Alors qu’un érudit local s’essaie à la vue stéréoscopique, en vogue à cette époque, nous sommes invités à nous munir de lunettes 3D pour goûter cette traversée des images. D’une machinerie de vision à l’autre, Deimantas Narkevicius s’amuse à déstabiliser nos attentes. La magie, les images, les apparences : qui croit qui ? Qui voit quoi ? Le cinéma est illusion ? Alors pourquoi ne pas pousser le paradoxe. La perspective ? Il se plait à l’inverser, s’amusant avec les échelles improbables des personnages évoluant dans le paysage, déjouant les effets habituellement recherchés par l’utilisation de la 3D. Le croisement des techniques d’enchantement est mis au service d’une poétique et d’une politique de l’image. Relecture des contes populaires nourrie d’imagerie, Twittering Soul mêle pensées et usages pré-modernes, technologies passées et actuelles, dans un usage à contre-courant. Sans nostalgie, dans une tonalité merveilleuse, cette fable sur la croyance interroge la modernité contre elle-même, avec ses propres outils, tout en re-mobilisant ce qu’elle pense avoir évacué.

Nicolas Feodoroff

  • Compétition Internationale

Fiche technique

Lituanie / 2023 / 70’

Version originale : lituanien, polonais
Sous-titres : anglais
Scénario : Deimantas Narkevicius
Image : Eitvydas Doskus
Montage : Danielius Kokanauskis
Son : Saulius Urbanavicius
Avec : Auguste Simulynaite, Alekasas Kazanavicius, Saulius Bareikis, Greta Petrovskyte, Laima Akstinaite, Valentinas Krulikovskis

Production : Dagne Vildziunaite (Just a moment)
Contact : Daniele Kuncinaite (Just a moment)

Filmographie :
Deimantas Narkevicius (né en 1964 à Utena, Lituanie) est l’un des artistes lituaniens les plus substantiels et les plus reconnus sur la scène artistique internationale.
Formé à l’origine à la sculpture, Narkevicius travaille principalement avec le film et la vidéo. Utilisant des séquences documentaires, des voix-off, des interviews, des reconstitutions et des photographies trouvées, ses films soumettent des événements historiques aux structures narratives du récit et du cinéma. Dans sa pratique artistique, Narkevičius examine la relation entre les souvenirs personnels et les histoires politiques, en particulier celles de sa Lituanie natale. Pour l’artiste, l’histoire elle-même est devenue à la fois matériau et méthodologie.
Depuis 1992, Narkevicius a beaucoup exposé dans le monde entier, dans d’importants lieux et événements d’art contemporain, notamment au Centre Pompidou (Paris), au Museo Nacional Centro De Arte Reina Sofia (Madrid), à la Tate Modern (Londres), au Museum of Modern Art (New York) et au Stedelijk Museum (Amsterdam). Il a représenté la Lituanie à la 49e Biennale de Venise en 2001 et, deux ans plus tard, il a exposé à la 50e Biennale de Venise dans Utopia Station, sous la direction de Molly Nesbit et Hans Ulrich Obrist.
Ses films ont été projetés et récompensés dans des festivals tels que le BFI London International Film Festival (Stains and Scratches, 2018), le Festival international du court métrage d’Oberhausen (Stains and Scratches – prix principal, 2018 ; « 20.07.2015 » – prix spécial du jury, 2017 ; Revisiting Solaris, 2007, Energy Lithuania, 2003), le Festival international du film de Berlin (Restricted Sensations, 2002), Festival international du film de Vienne (Scena, 2011), Festival international du film de Rotterdam (Restricted Sensations, 2012 ; Europe 54° 54′ – 25° 19′, His-story, Energy Lithuania, Scena, The Role of Liftime, 2004), Festival international du film de Sankt Petersburg Message to Man (Stains and Scratches – Premier prix de la section des films expérimentaux, 2018) et bien d’autres.