OÙ, lieu d’exposition pour l’art actuel

OÙ, lieu d'exposition pour l'art actuel

ou-marseille.com

58, rue Jean de Bernardy — 13001 Marseille, France

Exposition du 9 au 17 juillet 2018 / Vernissage le 9 juillet de 16h à 20h

IDIR

Carole Douillard et Babette Mangolte : Installation inédite, 2018, Vidéo 4k, 30’

Un reenactment à Alger, de la performance historique de Bruce Nauman, Walking in an exaggerated manner around the perimeter of a square (1967), une situation à la fois reliée à l’histoire de la performance, son inscription dans l’image filmique, et à l’espace de la ville d’Alger.
Après s’être intéressée à la gestuelle spécifique des hittistes, ces hommes désoeuvrés qui tiennent les murs dans les rues d’Alger (The Waiting Room, Lives of performers) Carole Douillard met en scène Idir, jeune homme algérois, qui réactualise le geste déhanché que Bruce Nauman réalise dans l’intimité de son atelier à San Francisco en 1967. Le tournage du film est mené en collaboration avec la cinéaste Babette Mangolte. Il précède de quelques mois les manifestations de 2019 ayant abouti à la démission de Bouteflika et prend place dans 3 sites emblématiques de la ville : Bab El Oued, Les Sablettes et Diar Es Saâda. Dans cette Algérie vibrante, à l’espace public grouillant, où les corps féminins et masculins adoptent des codes de genre spécifiques, le pas lent, solitaire et ondulant d’Idir révèle en creux les regards et l’attitude des passants qui l’observent où, tout au contraire, détournent les yeux vers un horizon lointain.

Ce film a reçu le soutien de FNAGP, Ville de Nantes et Institut Français, Paris, Institut Français, Alger, Région Pays de la Loire, Drac Pays de la Loire.

Carole Douillard

Née en France en 1971, d’une mère kabyle et d’un père français, Carole Douillard est artiste plasticienne et performer. Elle utilise sa présence ou celle d’interprètes comme sculpture pour des interventions minimales dans l’espace. Se situant au bord du spectaculaire tout en prenant soin de l’éviter, son travail appelle une redéfinition du spectateur, de l’espace de la performance et de la relation de pouvoir entre l’objet contemplé et celui qui le contemple. Ses recherches performatives se complètent souvent de documents ou de photographies. Ses récents projets ont pris place à Bruxelles/A performance Affair, à la Biennale de Lyon, à la galerie Michel Rein, à la Fondation d’entreprise Ricard, au Palais de Tokyo, au Mac Val, à la Ferme du Buisson, au Musée de la Danse (Rennes), au Centre Pompidou, au Wiels (Bruxelles), au Centro de Arte Dos de Mayo (Madrid). En 2019, elle est lauréate de la bourse Sur mesure de l’Institut Français pour un séjour de 3 mois en Californie autour du geste et de la performance contemporaine. Elle participe actuellement à la première édition de la Biennale d’Oslo (2019-2024) où elle présente la pièce The Viewers (courtesy CNAP).

Babette Mangolte

Née en France en 1941, Babette Mangolte s’installe en 1970 à New York. Directrice de la photographie pour Yvonne Rainer (Live of Performers) en 1972 et pour Chantal Ackerman (La chambre en 1972 et Jeanne Dielman, 23 rue du Commerce, 1080 Bruxelles en 1975), elle réalise son premier long métrage intitulé What Maisie Knew en 1974. En parallèle de son engagement de cinéaste, elle développe une très précieuse documentation photographique de la scène performative et chorégraphique New-Yorkaise notamment auprès des protagonistes du Judson Dance Theater (Steve Paxton, Yvonne Rainer, Simone Forti, Trisha Brown). Son travail est actuellement présenté au Musée d’Art Contemporain de la Haute-Vienne, château de Rochechouart, dans le cadre de sa première exposition rétrospective en France : Space to SEE (du 1er mars au 16 septembre 2019). Elle y présente plusieurs oeuvres récentes dont trois sont spécifiquement crées pour le musée. Son livre Selected Writings – 1998-2015, vient de paraitre aux éditions Sternberg.