Séance CinéFID du 22 février 2022

mardi 22 février à 19h30, en présence du réalisateur

CINÉMA LES VARIÉTÉS, MARSEILLE

LA COLLINE de Julien Chauzit

Mention spéciale du Prix Marseille Espérance, mention spéciale du Prix des Lycéens – première mondiale – FID 2021

Pour son premier film, Julien Chauzit réunit quatre jeunes adultes, la vingtaine, en vacances à Martigues, et met en scène leur éveil politique face au désastre écologique annoncé. Le cœur de son film est donc une aventure qui parle de la jeunesse – Pierre Bourdieu dirait que la jeunesse n’est qu’un mot – mais c’est aussi une jeunesse qui parle d’elle-même et vient contrarier les représentations usuelles de supposée désinvolture. La légèreté des amours estivales et le son des cigales sous un soleil radieux cèdent vite le pas à l’angoisse qui vient troubler la mise en scène de l’insouciance. La bande qui s’attend à assister à l’inlassable cliché du couchant découvre effarée, entre cauchemar et science-fiction, les cheminées industrielles brûlant l’horizon. Ce récit d’une (fulgurante) prise de conscience écologique et politique, tout en humour et candeur feinte, trace une route à la rencontre d’un territoire. Tout comme ses personnages, Julien Chauzit ose les pas de côtés, et insère habillement des saillies documentaires où la parole laissée aux habitants de la région exprime leurs inquiétudes face à la dégradation de leur environnement. Julien Chauzit filme ses acteurs avec franchise et tendresse, sans chichis, avec leur accent, leur vocabulaire, leur naturel qui dessinent leur façon d’habiter ce sud prisé pour son soleil et le bleu de son ciel, et de s’en inquiéter. La Colline est surtout le fruit d’une formidable énergie au travail, une entreprise menée tambour battant du faire ensemble devant et derrière la caméra. Portrait d’une génération dite « climat » qui lit Servigne, cherche de nouvelles façons de s’organiser, applaudit Alexandria Ocasio Cortez, La Colline parle avec cœur et humilité d’une urgence à dire, à faire, à agir…. Quand les constats au jour le jour de la destruction du vivant pourraient nous laisser paralysés et impuissants, Julien Chauzit prend à front renversé le vieil adage « Si jeunesse savait, si vieillesse pouvait ». Ses personnages choisissent les mots et prennent le micro. Julien Chauzit, lui, a clairement choisi le cinéma, et l’on s’en réjouit.
Claire Lasolle

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