Jean-Christian Riff
Un jour, Jean-Christian Riff remarque deux garçons qui s’adonnent à un jeu mystérieux en contrebas de sa fenêtre. Il sort sa caméra. C’est l’origine d’un film qui, sans que jamais l’appareil ne quitte son unique emplacement derrière la vitre, élargit progressivement la sphère de la perception et de l’émotion aux dimensions du monde. L’espace rend possible ce miracle cosmologique : arrêt de bus, quai bordant une rivière, mais aussi l’appartement du cinéaste où bruisse l’intime quotidien : une scène multiple où passent le temps, les saisons, des êtres de tous âges et conditions. Ce film est le dernier de son auteur, décédé juste après avoir terminé le montage. C’est la vie même, convertie en poésie. (Cyril Neyrat)
