À ne choisir qu’un seul film, il fallait que ce soit celui-ci. C’est le plus beau film de mon monde. Il m’a certainement constitué moralement, musicalement, amoureusement. Otar m’a fait tomber en cinéma. Je l’ai connu enfant en Russie, grâce à mes parents. Comme il préfère faire jouer les copains, les gens dont il aime la tête dans ses films, me voilà, à 17 ans à faire le fils cambrioleur de Jean-Pierre Beauviala (l’inventeur des caméras Aaton, du Cantar) dans son Favoris de la Lune et ma vie m’est tombée dessus. Je voulais faire ce qu’Otar faisait. Fabriquer des films. Otar le musicien, le mathématicien… Lorsque je me lance un peu plus tard dans un premier court-métrage, Otar m’explique avec des dessins et des schémas sur un bout de carton (que j’ai toujours) les entrées/sorties de champs, les raccords… J’ai toujours sa voix dans les oreilles, comme un oracle : « Pas le droit d’utiliser deux fois le même plan ! ». Ça vous maintient l’envie d’explorer.
(M.A.) Otar Iosseliani
