Le FIDMarseille s’associe au FRAC Sud - Cité de l’art contemporain pour proposer, du 14 au 16 mars, quatre rendez-vous exceptionnels en résonance avec l’exposition L’Écologie des relations - La Forêt amante de la mer (7 février au 15 novembre 2026).
Conférence de Sophie Houdart
14.03.2026 à 17:00
FRAC Sud - Cité de l’art contemporain
Petit précis d’écologies relationnelles en territoire contaminé.
Sophie Houdart est anthropologue, directrice de recherche au CNRS et chercheure à l’IFRJ (Institut français de recherche sur le Japon). S’intéressant aux sciences et techniques, le Japon est le terrain principal de ses recherches depuis 20 ans. Son dernier ouvrage Ce territoire qui, comme une pulsation… est publié en janvier 2026 aux Éditions des mondes à faire.
Nous sommes à Tōwa, à une cinquantaine de kilomètres de la centrale de Fukushima Daiichi. Durant les années qui ont suivi l’accident nucléaire de mars 2011, les personnes restées vivre sur ce territoire ont dû apprendre ce que signifie cohabiter avec de faibles doses de radioactivité. Elles ont fait l’expérience intense de cela, qui désarticule les choses, les disloque, et en recompose les qualités et les propriétés. C’est à n’en plus finir. Les enquêtes qu’elles mènent alors, dans l’inconfort de n’être jamais assurées de rien, dans l’anxiété de retournements incessants, trament de nouveaux univers relationnels qui peinent à se stabiliser.
Événement en partenariat avec Opera Mundi.
Programme de films
Rendez-vous en salle pour découvrir cinq films en écho à l’exposition.
15.03.2026 à 18:00
Videodrome 2
Séance présentée par Élodie Royer et Sophie Houdart
CÔTÉ JARDIN
Pierre Creton
France, 2011, 4’
On est en mars 2011 : ici le jardin, la fin de l’hiver et le plaisir de plonger les mains dans la terre, de toucher les plantes, pour préparer la venue du printemps ; là-bas la mort, ciel et mer pour longtemps contaminés, intouchables.

JAPAN SYNDROME - MITO VERSION
Tadasu Takamine
Japon, 2012, 48’
Collection KADIST
Cette œuvre vidéo fait partie de la série Japan Syndrome, au sein de laquelle Tadasu Takamine fait rejouer par un groupe de comédien.nes, dans un dispositif scénique volontairement épuré, les discussions et les tensions inhérentes aux conséquences de la catastrophe nucléaire de 2011. S’appuyant sur des conversations réelles enregistrées auprès d’employés de commerces à Kyoto, Yamaguchi et Mito, chaque reconstitution met en scène des interrogations sur l’origine de produits alimentaires et leur éventuelle dangerosité pour la santé. Au delà de l’apparente simplicité du dispositif affleurent des enjeux plus vastes : le système de contrôle des radiations, la responsabilité gouvernementale, l’affaiblissement d’une région — notamment dans la version de Mito, une ville plus proche de Fukushima. Par une grande économie de moyens, Japan Syndrome révèle les effets invisibles de possibles radiations, impossibles à mesurer avec exactitude, mais qui infiltrent bel et bien la vie quotidienne, dans une prise de conscience à la fois individuelle et collective. Né en 1968 au Japon, Tadasu Takamine est à la fois metteur en scène et artiste. Il développe une pratique théâtrale expérimentale, élaborée en dialogue étroit avec des participants locaux, autour de questions sociales et engagées.
THE ANATOMY CLASSROOM
Hikaru Fujii
Japon, 2020, 36’
Collection KADIST
The Anatomy Classroom s’inscrit dans un projet artistique au long cours développé par Hikaru Fujii, artiste et cinéaste, prenant comme point de départ le Musée d’histoire et de folklore de Futaba. Située à quatre kilomètres de la Centrale de Fukushima Daiichi, la ville a été entièrement évacuée à la suite de la catastrophe nucléaire, puis désignée «zone de retour difficile» avant sa réouverture progressive. Afin de prévenir la contamination, la collection du musée — dioramas, objets traditionnels, outils, animaux naturalisés, etc. — a été peu à peu déplacée hors de la zone par un groupe de citoyen·nes. Organisé·es sans soutien gouvernemental, ces habitant·es et l’ancien directeur de ce musée ont entrepris de préserver ces objets comme témoins matériels de leur histoire locale et environnementale.
Dans une série d’œuvres vidéo, Fujii a documenté pendant plusieurs années ces déplacements, tout en organisant, parallèlement, des visites du site et des rencontres discursives autour d’enjeux de mémoire, de transmission et de représentation. The Anatomy Classroom est né de l’un de ces dialogues, tenu aux Beaux-Arts de Paris en 2017. À cette occasion, différents membres du collectif Call it anything, composé d’artistes et de chercheur·ses en sciences sociales, ont partagé leur expérience de visite du musée et interrogé les conditions dans lesquelles une catastrophe peut être représentée — et par qui.
15.03.2026 à 21:00
Cinéma La Baleine
TENZO
Katsuya Tomita
Japon, 2019, 59’
FID 2019
Dans un temple Zen, « Tenzo » désigne la personne en charge des repas. C’est une des six fonctions prestigieuses du monastère, associée par ailleurs à l’enseignement d’autres aspects décisifs de la doctrine. On l’aura compris, à titrer ainsi son film, Katsuya Tomita place la cuisine, le soin, l’hospitalité, l’attention aux autres, plus largement la question de la communauté, au cœur de son projet.
16.03.2026 à 20:00
Salle de projection du FIDMarseille
Séance en présence de Philippe Rouy
4 BÂTIMENTS FACE À LA MER
Philippe Rouy
France, 2012, 47’
FID 2012
Trois mois après la catastrophe survenue à Fukushima en mars 2011, la TEPCO, exploitant de la centrale nucléaire installe une livecam sur le site. Ces images, où dates et heures défilent à vue, sont accessibles sur internet. Ce sera là, défi audacieux relevé par Philippe Rouy, la matière visuelle exclusive de 4 bâtiments, face à la mer.

À propos de l’exposition : L’Écologie des relations – La Forêt amante de la mer
Frac Sud
07.02 - 15.11.2026
Cette exposition réunit des artistes japonais de plusieurs générations autour des liens sensibles, écologiques et mémoriels qui nous relient à nos milieux de vie. Inspirée par la triple catastrophe du 11 mars 2011 au Japon, elle explore les pratiques artistiques nées dans les années « post‑Fukushima », traversées par l’histoire et la modernisation rapide du pays.
Pensée en résonance avec l’architecture du Frac Sud conçue par Kengo Kuma, la scénographie met en dialogue des œuvres qui témoignent de relations mouvantes entre humains, environnements et écosystèmes. Le sous‑titre, emprunté à une fable écologique de Shigeatsu Hatakeyama, évoque une vision du monde où chaque élément du vivant participe d’un équilibre commun.
Crédit photo en couverture : Hideki Umezawa, Haruna Lake #2, 2021 © Hideki Umezawa

