Difficile d’étiqueter le cinéma d’Eduardo Williams, jeune réalisateur argentin, qui après plusieurs courts-métrages remarqués tournés en France et dans son pays, pose — où plutôt, embarque — sa caméra au Vietnam. Un cinéma de la sensation, de l’expérience : le très grand angle saisit en un geste généreux la vie d’un jeune homme, Hoa, souvent entouré de sa bande d’amis. Dans les pas d’Hoa, occupé à divers petits boulots, on passe d’un supermarché à un bar, puis dans une arrière-cour, on rejoint une chevau- chée en moto à travers les rues d’Hanoï, on traverse des ponts, des vergers, pour se retrouver sur les toits d’un chantier abandonné. Embarqué avec le petit groupe dont on saisit des bribes de conversations, banales, parfois étonnantes voire étranges, Eduardo Williams montre ici à nouveau son intérêt pour les groupes et son talent à les filmer. Simplicité, évidence du découpage, façon de virevolter avec légèreté autour de ses personnages, cela dessine un cinéma de la liberté, conquis sans effort apparent, à l’image de son personnage que rien ne semble vraiment rattacher au sol. C’est peut- être cela qui fait toute la beauté du film, et notre plaisir à nous laisser embarquer dans une expérience sensorielle, nonchalante et poétique, étrange et familière, dans un mouvement qui nous fait redécouvrir un certain émerveillement primitif face au film. Cinéma de la jeunesse, jeunesse du cinéma. (CG)

J’ai Oublié, J’ai Oublié
Eduardo Williams
Première Mondiale
- Programme
- Cinéaste
Fiche technique
- Version originale :Vietnamien
- Sous-titres :Français
- Scénario, image :Eduardo Williams
- Son :Arnaud Soulier
- Montage :Florence Bresson
- Avec :Les habitants
- Production et distribution :Kazak Productions