John Calder, l’éditeur anglais de Samuel Beckett, s’est installé à Montreuil après avoir cessé ses activités professionnelles. Installé dans les bureaux et la cave d’un immeuble construit après la Guerre, Calder semble vivre dans un dénuement rempli de seules étagères de livres. C’est là que Pablo Sigg, jeune cinéaste mexicain, l’a filmé, ainsi qu’à Londres, où il échange avec Billie Whitelaw, égérie, si l’on peut dire, du théâtre beckettien, désormais reléguée dans un hospice pour acteurs. Mais il ne faut s’attendre à aucune révélation, Sigg ne mène pas d’enquête. Il observe des lieux et des corps, dans un aujourd’hui qui semble dessiner les traits incertains des limbes éternelles. On l’aura compris, Sigg portraiture ces héros comme s’ils sortaient tout droit des pages de l’écrivain irlandais : une grande force logée dans une lassitude proche de la somnolence, une obstination à ne rien asséner, un humour involontaire, la place laissée entière au temps qui passe. De la littérature, aucun secret n’aura été divulgué, sinon sa parenté énigmatique avec cette image floue d’un vinyle qui fait tourner le Winterreise de Schubert, un des morceaux favoris de Beckett. (JPR)

I, Of Whom I Know Nothing, I, Of Whom I Know Nothing
Pablo Sigg
MEXIQUE
Première Mondiale
- Programme
- Cinéaste
Fiche technique
- Version originale :Anglais
- Sous-titres :Français
- Image et son :Pablo Sigg
- Montage :Pablo Sigg, Carlos Chávez
- Production et distribution :Pablo Sigg