« Deux mètres de cette terre me suffisent aujourd’hui », qui donne le titre à ce film, est un vers du poète palestinien Mahmoud Darwich. Tout près de sa tombe à Ramallah, on assiste aux préparatifs d’un festival musical en plein air. Tout cela paraît être saisi sur le vif : réglages du son, fabrication des tréteaux, interviews préalables au spectacle, rencontres banales entre natifs et visiteurs étrangers (une japonaise s’exprimant en arabe, pour couper court à tout cliché). Mais le début du film nous aura discrètement prévenu : il s’agit de revenir sur les modes de représentation du peuple palestinien en vue d’entamer un film à venir. Prologue en guise d’avertissement : tout ce qu’on va voir a été, même imperceptiblement, mis en scène, et les actions d’apparence les plus simples ont été dirigées, choisies. C’est que le projet de ce film est de croiser deux perspectives énoncées par une jeune femme qui se déclare à la fois journaliste et poète. Quelle différence entre ces deux métiers d’écriture ? « Le journaliste, répond-elle posément, fait de grands événements un petit résultat. Le poète, inversement, fabrique à partir du petit quelque chose de grand. » C’est ce double programme qui dicte au film sa forme, sa patience, photographie d’un peuple libéré ici des images qui l’enferment ordinairement, ainsi que sa conclusion en forme d’hommage à Darwich, laissant le dernier mot au poème, avant qu’un panoramique ne nous offre le spectacle du territoire en horizon. (JPR) Ahmad NATCHE

Metran Men Hadaal-Turab, Metran Men Hadaal-Turab
Ahmad Natche
TERRITOIRES PALESTINIENS
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