Story (FID 2003) et Cosmonaut Polyakov (FID 2007) étaient les premiers volets d’une trilogie de l’espace, dont ce nouveau film est la conclusion. Si les titres précédents nous menaient à la rencontre d’êtres atypiques, Dana Ranga nous convie cette fois à nous rapprocher de cette épopée dans sa dimension collective.
Nous voici projetés dans l’espace, bercés par des images réalisées lors des nombreux vols effectués ces trente dernières années par des équipages internationaux. Dans cette traversée au long cours, Dana Ranga prend le temps de l’observation et s’amuse à nous désorienter, rappelant que ces images n’ont ni haut ni bas. Saynettes empreintes de comique, tel cet astronaute facétieux qui fait le saltimbanque avec une bulle d’eau en suspension, auxquelles s’ajoute la routine triviale des tâches à accomplir au quotidien.
Comment vivre dans l’espace? À cette question, outre les archives qui sont à leur manière muettes, des réponses émaillent le film, inscrites en blanc sur noir sur cartons. Issues d’un long travail d’entretiens, elles révèlent autant l’émerveillement que les doutes et les angoisses, indiscernables dans les images, et comme leur contrechamp. Sous ces paroles anonymes et sans voix, qui instaurent la dimension collective de l’aventure, se dessine alors par touches l’envers de l’héroïsme attendu. Se font jour des sentiments souvent ambivalents, car, un carton le rappelle, “quand vous partez dans l’espace, vous n’êtes jamais sûr de revenir”. (NF)
