Elle, Isabelle Huppert

Écrans parallèles

©Peter Lindberg

Impossible d’embrasser ici toutes les pistes, toutes les richesses et les paradoxes d’une carrière qui, prodigieusement, n’a jamais montré aucun signe d’essoufflement.
Mais si profitable nous paraît l’occasion de saisir d’un trait, en une dizaine de films sur les quelque cent quarante qu’elle a tournés jusqu’ici, ce qui s’affirme avec tant d’obstination et d’intelligence dans l’extraordinaire trajectoire d’Isabelle Huppert, entre deux rôles qui ont posé deux jalons décisifs : celui de Violette Nozière dans sa première collaboration avec Claude Chabrol, pour laquelle elle reçut le prix d’interprétation à Cannes, et celui de Michèle dans Elle de Paul Verhoeven, récompensé d’un Golden Globes et d’un César.
Dans l’un, elle joue une jeune femme qui empoisonne ses parents pour se libérer de leur emprise étouffante, de leur existence étriquée. Dans l’autre, une femme violée par un inconnu, qui finit par entrer dans le jeu de son bourreau jusqu’à le dominer. Que le rôle provienne d’un fait divers ou d’un roman, c’est la même manière d’affirmer une liberté souveraine au mépris de la prudence et de l’ennui ; la même combinaison de vulnérabilité et de puissance ; les mêmes plis d’un jeu capable de se montrer éteint ou incandescent ; la même manière surtout de travailler à se libérer de tout ce qui peut entraver sa volonté et ses mouvements. C’est la matière de tant de personnages qu’elle a incarnés dans le cinéma, pour Chabrol et Verhoeven en passant par Haneke, Pialat, Jacquot, Mazuy, Breillat.

« Les acteurs c’est terrible, ça ne pense qu’à soi » disait-elle à Serge Daney et Serge Toubiana. « Mais soi… c’est grand », ajoutait-elle ailleurs. À force de se libérer de ses entraves, c’est le terrain de jeu qui finit par sembler trop petit. La raison pour laquelle il faut passer des plateaux de cinéma aux scènes de théâtre, réfléchir sur son métier dans des entretiens toujours passionnants, ou se tenir à l’affût de ce que le cinéma contemporain peut lui offrir de meilleur, partout où il se fait, des États-Unis à la Corée du Sud ou aux Philippines, de Michael Cimino à Hal Hartley en passant par Hong Sang-soo ou Brillante Mendoza. Ce qui s’affirme ici, c’est une manière de travailler au plus près du nerf de sa sensibilité, de s’acharner à « connaître son os » comme l’écrivait Annie Dillard en citant Thoreau, pour être capable d’être partout chez soi, partout en soi.
Antoine Thirion

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