2012 HOMMAGE A RAOUL RUIZ

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2012 écrans parallèles

HOMMAGE À RAOUL RUIZ

Raoul Ruiz s’est éteint, il y a un peu moins d’un an, le 19 août dernier. Nous lui avions parlé, en avril dernier, pour l’inviter en jury. Il était au Chili alors, à manger du fromage en fin de déjeuner avec des amis, avait-il précisé. Il n’avait pu, pris par son tournage et son mal, mais nous avait promis sa disponibilité pour l’année d’après – celle-ci.
Qu’il soit présent, donc, en 2012, nous a paru, aussitôt l’annonce de son décès, une évidence. Comme bien d’autres manifestations, nous avons trouvé nécessaire de lui rendre hommage, car son cinéma et sa personne incarnaient plus qu’une oeuvre, plus qu’un corpus majeur dans le paysage contemporain : une utopie. Lui qui ne savait pas combien de films il avait pu tourner, tant ils étaient nombreux, tant peu lui importait le décompte de sa filmographie, nous importait de le saluer. Et de commencer par le commencement, son tout premier film, un court de 1962, perdu, puis retrouvé mais sans le son : La Maleta. Le son a été reconstruit en 2010, avec quelques amis. C’est fabuleux de drôlerie, de désynchronisation. Le surréalisme affiché par le récit et les images se renouvelle avec une ironie supplémentaire près de 50 plus tard. Puis, le dernier film tourné au Chili avant son exil, Palomita Blanca, en 1973, adapté d’un roman à succès, mais dont l’intérêt réside dans ce parfum documentaire des corps, des vêtements, des situations d’avant le renversement du régime d’Allende. Lettre d’un cinéaste, 1983, c’est le retour au Chili : ça grince, retour manqué. La nostalgie renonce devant l’humour. Enfin, son dernier opus souhaité posthume, La Noche Enfrente.

Jean-Pierre Rehm
 
 
LA MALETA
Chili, 1962, 20’
LA NOCHE DE ENFRENTE
France / Chili, 2011, 150’
LETTRE D’UN CINÉASTE
France, 1983, 15’
     
  PALOMITA BLANCA
Chili, 1973-1992, 134’