Grand prix d’honneur

Programme 2021

Chance indéniable, une rétrospective suscite toujours aussi en pratique un léger embarras. Rendre pour une brève période une œuvre disponible en totalité ou partie oblige à s’y consacrer entièrement, ou bien à faire des choix. Que privilégier ? Dans quel ordre ? À chacun son parcours, il n’y en a pas de mauvais. Dans le cas d’Apichatpong Weerasethakul, on peut se promener sans crainte. D’abord, parce que tout est grand ; peu de cinéastes ont su se montrer aussi inventifs et constants. Ensuite, parce que l’œuvre s’est délibérément développée sur plusieurs plans, soucieuse d’établir une continuité entre chaque film autant que des reprises et des échos entre tous. On peut ainsi avec égal profit les voir ou revoir, chronologiquement ou dans le désordre, intégralement ou seulement deux ou trois, les long-métrages les plus connus ou de plus brèves raretés : chaque fois, découverte garantie d’épisodes manqués, de pans entiers de dialogues oubliés, d’échos entre les films même les plus éloignés, d’un bout de fil à tirer pour dérouler la pelote de l’œuvre.
Antoine Thirion