En novembre à La Baleine

Le FID propose en novembre trois soirées au cinéma La Baleine, à Marseille.

Le dimanche 3 novembre à partir de 16h30 : Patricio Guzmán : une trilogie sur le Chili
Le mercredi 13 novembre à 21 h00 : Pierre Creton – Le Bel été
Le dimanche 17 novembre à 18h00 : Mostafa Derkaoui – De quelques événements sans signification

Plus d’infos ci-dessous

Patricio Guzmán : une trilogie sur le Chili

Dimanche 3 novembre à partir de 16h30

A l’occasion de la sortie de son nouveau film LA CORDILLÈRE DES SONGES, venez découvrir l’intégralité de la trilogie de Patricio Guzmán sur le Chili, en partenariat avec la Baleine et les Rencontres du Cinéma Sud-Américain de Marseille et la Région Sud

« Après NOSTALGIE DE LA LUMIÈRE et LE BOUTON DE NACRE, LA CORDILLÈRE DES SONGES est le dernier volet de cette trilogie que j’ai commencé il y a 10 ans. Il est bien sûr toujours question de la confrontation des hommes, du cosmos et de la nature. Plonger dans la cordillère me fait plonger dans mes souvenirs. Scrutant ses sommets escarpés, m’enfonçant dans ses vallées profondes, j’entame un voyage introspectif qui, peut-être, me révélera en partie les secrets de mon âme chilienne. » Patricio Guzmán

16h30 : NOSTALGIE DE LA LUMIÈRE (2010 - 1h30)


Au Chili, à trois mille mètres d’altitude, les astronomes venus du monde entier se rassemblent dans le désert d’Atacama pour observer les étoiles. Car la transparence du ciel est telle qu’elle permet de regarder jusqu’aux confins de l’univers. C’est aussi un lieu où la sécheresse du sol conserve intacts les restes humains : ceux des momies, des explorateurs et des mineurs. Mais aussi, les ossements des prisonniers politiques de la dictature. Tandis que les astronomes scrutent les galaxies les plus éloignées en quête d’une probable vie extraterrestre, au pied des observatoires, des femmes remuent les pierres, à la recherche de leurs parents disparu…

18h30 : LE BOUTON DE NACRE (2015 - 1h22)


Le bouton de nacre est une histoire sur l’eau, le Cosmos et nous. Elle part de deux mystérieux boutons découverts au fond de l’Océan Pacifique, près des côtes chiliennes aux paysages surnaturels de volcans, de montagnes et de glaciers. A travers leur histoire, nous entendons la parole des indigènes de Patagonie, celle des premiers navigateurs anglais et celle des prisonniers politiques. Certains disent que l’eau a une mémoire. Ce film montre qu’elle a aussi une voix.

20h30 : LA CORDILLÈRE DES SONGES (2019 - 1h25)


Au Chili, quand le soleil se lève, il a dû gravir des collines, des parois, des sommets avant d’atteindre la dernière pierre des Andes. Dans mon pays, la cordillère est partout mais pour les Chiliens, c’est une terre inconnue. Après être allé au nord pour Nostalgie de la lumière et au sud pour Le bouton de nacre, j’ai voulu filmer de près cette immense colonne vertébrale pour en dévoiler les mystères, révélateurs puissants de l’histoire passée et récente du Chili.

Pierre Creton - Le Bel été

Mercredi 13 novembre 2019 à 21h00

A l’occasion de la sortie en salle de LE BEL ÉTÉ de Pierre Creton (compétition – première mondiale – FID 2019), le 13 novembre 2019
Organisé par Festival Les Rencontres à l’échelle, en partenariat avec le FIDMarseille.
Le film sera suivi d’une rencontre avec Pierre Creton

On se souvient du dernier plan de Va, Toto ! (FID 2017) : Madeleine disparue, partie rejoindre le marcassin qu’elle a sauvé et vu grandir dans sa maison de Vattetot. Elle réapparaît furtivement au début du Bel Été pour déposer la
 jeune Flora chez son voisin Simon. Le spectateur familier du cinéma de Creton reconnaît le jardin et la maison du cinéaste, devenus scène et décor, pour un été, d’une nouvelle transfiguration de la vie en comédie. Avec Flora, c’est la jeunesse qui jaillit dans la maison, et insuffle au film sa formidable énergie, fraîcheur pop relayée par la musique des Limiñanas. Jeunesse d’Ahmed et Mohammed, deux jeunes migrants échoués en Normandie, à qui Simon et Robert offrent leur toit et le partage de leur existence. En contrepoint à l’insouciance solaire et sensuelle des « enfants », la musique du récit oppose la ligne plus lente, grave et questionnante des adultes. Sophie trompe sa solitude en observant Simon et Robert exposer leur couple au risque de Nessim, l’amant africain rescapé de Calais et de la jungle détruite. Depuis La Vie après la mort (FID 2004), Creton fait de sa maison une chambre d’échos du monde, un refuge où s’expérimente une contre-société utopique du soin, de l’humilité et de la douceur. C’est en prenant soin des enfants que les adultes apprennent à vivre avec leurs blessures et leurs désirs. C’est en regardant vivre les adultes que les enfants apprennent à tisser la vie avec la mort. Jamais ce tissu n’a vibré d’autant de nuances et de contrastes que dans ce Bel Été qui, du récit éponyme de Pavese, n’a gardé que la crudité et une lucidité sans angélisme. N’en déplaise aux cyniques, tout y est vrai, tout a été vécu, éprouvé par l’expérience avant d’être réinventé pour le cinéma. Sans discours ni slogan, Le Bel été pratique la plus concrète des politiques : par l’exemple d’une forme de vie, d’existences risquées en commun, dans l’ouvert des rencontres et des aventures. (Cyril Neyrat)

Mostafa Derkaoui - De quelques événements sans signification

Dimanche 17 novembre 2019 à 18h00

Organisé par le Festival Les Rencontres à l’échelle, en partenariat avec le FIDMarseille.
Séance présentée par Sido lansari, artiste visuel et directeur de la Cinémathèque de Tanger
Ce film est présenté dans le cadre d’une carte blanche proposée par le Festival Les Rencontres à l’échelle à la Cinémathèque de Tanger

(Mention spéciale du Prix du GNCR – première française – FID 2019)

Casablanca, 1973 : un réalisateur prépare un tournage, mais désireux de prendre en charge le cinéma de son pays, parcourt les rues de la ville, interrogent les passants sur ce que pourrait et devrait être le cinéma marocain. Les réponses fusent, contradictoires, à l’image des personnes interrogées. Les membres de l’équipe de tournage discutent : ils s’efforcent de construire la théorie d’un cinéma national indépendant, entre expérimentation formelle et représentation sociale, exemples cosmopolites et rejet de l’écrasant regard français. Mais au cours de leurs repérages surgit un jeune homme qui les fascine, et dont le destin se nouera alors même qu’ils regardent ailleurs. Soulignant les apories du cinéma national aussi bien que la violence qu’engendre la misère sociale, De quelques événements sans signification, après une unique projection parisienne en 1974, fut immédiatement censuré et longtemps cru disparu. Derkaoui y construit une esthétique de la focale longue, habituellement propre au documentaire, pour brouiller les repères entre les niveaux de réalité de son film ; la bande-son, avec son free-jazz virevoltant en contrepoint aux rares images de violence du film, achève de confondre toute lecture univoque. Car De quelques événements sans signification n’est rien moins qu’une critique des ambitions du cinéma par les armes mêmes du cinéma, un film qui n’a de cesse de relancer la question qu’il pose : que peut véritablement la caméra ? (Nathan Letoré)