SÉLECTION OFFICIELLE / COMPÉTITION INTERNATIONALE   FIDMARSEILLE 2011

première mondiale / compétitions premier film, prix GNCR, prix des médiathèques & prix Renaud Victor

LES TROIS DISPARITIONS
DE SOAD HOSNI

Rania Stephan

Prix Renaud Victor
> palmarès 2011

 

LIBAN
2011
Couleur et N&B
VHS
70’

Version originale
Arabe
Sous-titres
Français
Musique, image, son et montage
Rania Stephan

Production et distribution
Joun Films

 

FIDLab 2009

En amorce, quelques poussières sur une bande usée jusqu’à la trame, puis une image vacille, un son crépite, le visage rêveur d’une femme enfin apparaît et s’entend le murmure d’une injonction : « Souviens-toi ! ». De? Soad Hosni : une icône adulée du cinéma égyptien, actrice de près de cent films, née au Caire en 1943 et morte suicidée à Londres en 2001. C’est l’histoire de la vie de cette star que Rania Stephan a choisi de raconter pour son premier long-métrage. Un biopic donc, mais, puisque Rania Stephan est par ailleurs monteuse réputée, fabriqué uniquement à partir de morceaux des films où Hosni a joué. Sans autre image que celles que Hosni a offertes à la caméra, sans commentaire ni voix autre que la sienne et celles de ses partenaires, voilà en somme Soad Hosni par elle-même. Mais l’actrice est ici un véhicule idéal pour circuler entre imaginaire et réalité, et son cinéma, plus qu’une usine à rêve, un révélateur. Si trois chapitres déclinent « trois disparitions », c’est que Rania Stéphan nous propose une triple traversée : dans l’histoire récente du cinéma égyptien ; dans ce qui y transparaît de l’histoire sociale et politique du pays, de l’époque de Nasser à celle de Moubarak ; dans l’évolution de la place et de l’image de la femme. Rien d’abstrait pour autant, le corps de Soad Hosni emplit l’écran de sa gloire, et ses films, copies VHS pour l’essentiel, à la matière tactile et altérée, se chargent de nourrir cette belle méditation de toute l’incarnation nécessaire à maintenir sa mélancolie fort présente.

Nicolas Feodoroff
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