Montini.jpg

Entretien avec Muriel Montini à propos de ADIEU, MON GÉNÉRAL

paru dans le quotidien du FIDMarseille du 11 juillet 2009

   

Quelle est la genèse du film ?
L’envie de filmer l’homme avec qui j’étais l’année dernière. On me prêtait un appartement pendant un mois à Nice. Il y a ce moment dans La peau douce de Truffaut où Jean Desailly dit à Françoise Dorléac : « Regarde cette femme, elle porte un vêtement au motif léopard, tu sais ce que cela veut dire ?…».Moment rare dans la fiction classique où les acteurs se tournent vers le monde sans enjeu scénaristique. Je voulais filmer un couple, mais un couple au milieu d’autres couples, d’autres gens. Un couple qui regarde les autres. Par défaut ?

Vous embrassez le quotidien de la vie, d’une histoire d’amour. Exercice périlleux. Comment s’est travaillé le film : au scénario, au montage ?
Au début du tournage, il y avait la structure du film, une histoire : un couple qui ne s’entend pas et se sépare. Et puis quelques scènes prévues : celles du couple dans l’appartement, les courses hippiques, le 14 juillet, les scènes de fin où je suis seule dans l’autre appartement. Mais je ne connaissais ni les lieux où j’allais tourner, ni ne savais exactement à quoi ressembleraient ces scènes. J’ai donc pris tout ce que le réel m’offrait en le modelant un peu, beaucoup, ou parfois en le laissant brut. C’est donc au montage que j’ai vraiment fait le film. Ce qui n’empêche qu’il ressemble vraiment à ce que je voulais avant le tournage, même si je ne connaissais pas la moitié des choses que j’allais filmer. C’était plus une question de mouvement, je voulais un mouvement chaotique, et diluer l’histoire du couple dans le monde, quitte à perdre le récit.

Jouer dans votre film : quelles difficultés ? Comment cela influe-t-il sur le casting ?
Pour moi, c’est plus simple. Comme la scène est plus ou moins improvisée, qu’aucun dialogue n’est écrit, qu’il y a juste des choses qu’il faut dire à un certain moment, je donne le la dans la scène par un geste, par une attitude. Même si c’est vraiment Youcef Bélaribi qui fait la scène, je ne suis qu’un réceptacle « actif ». Les difficultés surviennent alors quand l’acteur « oublie » qu’on joue et parle, non au personnage, mais à la personne ou à la réalisatrice, par exemple lors de la scène « Alors, mon général ? ». Mais évidemment, tout le film joue sur ces glissements entre réalité et fiction. Avec des moments où la réalité déborde de la fiction, comme lors de la dispute aux courses.

Vous choisissez de tout porter : la production, l’image, le son, le montage. Un souhait d’autonomie ?
Je ne sais pas si je choisis. Oui, pour l’image et le montage, mais je dois dire que pour la production et pour le son, j’aurai bien eu besoin de quelqu’un. Mais les choses se décident très vite. Et je dois faire le film.

 

Propos recueillis par Fabienne Moris

 

 

 

 

FaLang translation system by Faboba