SÉLECTION OFFICIELLE / COMPÉTITION FRANÇAISE   FIDMARSEILLE 2012

première mondiale

   

JJA

Gaëlle BOUCAND

Mention du Grand Prix de la Compétition Française
> palmarès 2012

 

FRANCE
2012
Couleur
HD
51’

Version originale
Français
Image et son
Gaëlle Boucand
Montage
Lila Pinell et Gaëlle Boucand

Production et distribution
Red Shoes / SOME SHOES production

JJA sont des initiales. Voici donc le portrait de ces initiales : JJA au jardin, JJA dans son transat sur son balcon, dans son bureau, dans sa salle de bain. JJA, en somme, et sa solitude. C’est sa vaste demeure en Suisse, baptisée Rosebud, qui sert de décor unique, tel est le parti de Gaëlle Boucand. Mais si, comme le Kane de Welles, l’esseulement paraît son lot, cet écrin désert se remplit en revanche d’un flot incessant de paroles.
De quoi est-il question dans ce huis-clos ? De récits d’affaires – nombreuses, compliquées à débrouiller, d’arnaques financières dont il a été victime. Et le voilà à dérouler ses réussites, d’évoquer, fataliste, ses déboires avec ses avocats, ses partenaires financiers, sa précédente épouse, les commerçants locaux qui l’ont repéré comme évadé fiscal. Il soliloque, se souvient, nous fait part de ses obsessions numérologiques, de son rapport à l’argent, aux oeuvres d’art, à l’aménagement intérieur, de l’installation d’un poulailler, devise ample sur le cours du monde autant que sur des anecdotes. Son verbe ne tarit jamais. Filmé en cadres fixes, en intérieur et en extérieur, il entame un raisonnement ici, le conclue là, sans jamais y mettre de point final. Ecart, diffraction kaléidoscopique de cette voix et de ce corps comme disjoints. On l’aura compris, JJA, malgré cette confession à voix haute, reste une énigme ; mais un autre portrait, à distance, s’esquisse : celui d’une forme de pouvoir, du verbe et d’un homme assuré d’un certain ordre par son propre discours. (NF)
Entretien avec Gaëlle Boucan au sujet de JJA paru dans le quotidien du FIDMarseille du 6 juillet 2012
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