SELECTION OFFICIELLE / COMPETITION FRANÇAISE   FIDMARSEILLE 2009

première mondiale

     

COMMISSARIAT

Virgil Vernier et Ilan Klipper

 

FRANCE
2008
Couleur
DV
85’

Version originale
Français
Image, son et montage
Ilan Klipper et Virgil Vernier

Production
Les films Pelléas, Ilan Klipper et Virgil Vernier

Filmographie
Virgil Vernier
KARINE (OU LE CHÂTEAU INTÉRIEUR), 2001
L’OISEAU D’OR, 2004
SIMULATION (“Flics, première partie”) en co-réalisation avec Ilan Klipper, 2006,
CHRONIQUES DE 2005, 2007
AUTOPRODUCTION, 2008
Ilan Klipper
SIMULATION (“Flics, première partie”) en co-réalisation avec Virgil Vernier, 2006,
LES BLOUSES BLANCHES (titre provisoire)

   

On sait la fascination qu'exercent les espaces institutionnels sur le cinéma documentaire : hôpitaux, institutions judiciaires ou scolaires. De ces milieux clos, microcosmes ou métaphores du pouvoir en acte, on s’exerce d’ordinaire à en décortiquer les ressorts, à en explorer les méandres. Avec Commissariat, second volet après Flics (2006), Virgil Vernier et Ilan Klipper déplacent pourtant l’accent. On n'apprendra que peu sur le quotidien routinier d'un commissariat, pas plus glorifiée que fustigée. Pas non plus de plongée dans ses rouages administratifs. L'enjeu est ailleurs.
Tourné dans l'ordinaire d'un commissariat d’une paisible agglomération de Rouen, c’est une comédie humaine qui se joue. Loin de tout misérabilisme, sans pathos ni spectaculaire, dépassant le pittoresque ou l'héroïsme, mais non dénué d’humour. Petits délits, conflits de voisinage, où le grotesque côtoie l'absurde, drames ou mélodrames familiaux échouent dans ce lieu devenu l'ultime théâtre où parler, où questionner. Se croisent alors les récits les plus divers, sans oublier les confidences entre policiers qui abondent eux aussi à l’épaisseur romanesque. Délestés de toute tentative d'explication, s'y déplient les multiples jeux de l'aveu, de la séduction, du regret, de l'autorité. Les cinéastes manipulent la loupe : la rigueur du dispositif, alternance de plans fixes aux très rares contrechamps, évite l'illusion naturaliste du dialogue. Nous voilà du coup promenés d'une scène à l'autre, en fourgonnette ou au bureau, obligés de ces visages d’où sourd un verbe qui déploie tour à tour son désarroi, sa grandeur, la panoplie au complet de la tragi-comédie.
Se dessine alors, peu à peu, le portrait bousculé d'une société où la parole se tord et se distord, en un tableau hallucinant de la folie ordinaire, ici et maintenant.

Nicolas Féodoroff

Entretien avec Virgil Vernier et Ilan Klipper à propos de Commissariat, paru dans le quotidien du FIDMarseille du 10 juillet 2009
FaLang translation system by Faboba